Week end à Rome...
...tous les deux sans personne...week end rital pour une escale....Week-End à Rome, pour la douceur de vivre...
Nous ne sommes pas tous les 2 comme dans la chanson, et pour cause nous voulions montrer Rome aux enfants...Baptiste ne cessait de dire quelques jours avant notre départ "Je veux voir la Rome", ayant mis à sa manière la ville éternelle sur un piédestal.
Place ô combien méritée : une conclusion s'impose à peine quelques heures après notre arrivée : Paris et Sydney ne sont plus les deux seules plus belles villes du monde, mais Rome les rejoint !
Fantastique leçon d'histoire "en live" pour les enfants. Les forums, les marchés, les institutions politiques, les demeures des puissants de la Rome Antique sont toujours là, sur des dizaines d'hectares au coeur de la ville actuelle, et il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination pour retourner dans le passé, retracer la vie quotidienne de la Plèbe, des Patriciens et des empereurs sous l'empire romain.
Rome à la fois si égalitaire et son contraire : civilisation esclavagiste, mais civilisation où les différentes classes de la société se côtoient très fréquemment. L'exemple le plus frappant est celui des Thermes de Caracalla au sud de la ville. Il pouvait accueillir jusqu'à 1600 personnes. Il était gratuit et il accueillait tout le monde. Il servait de bain public, mais aussi de gymnase et de bibliothèque. Donc n'importe qui avait accès gratuirement à l'hygiène, à des équipements sportifs et à la lecture, tout cela au même endroit. Et tout le monde y venait, empereurs comme plébéiens, la seule différence entre les deux était que l'empereur se faisait servir par son esclave. Nous restons songeurs devant ce concept. Quel endroit d'entretien de son corps et de son esprit, libre d'accès à tous, où tout le monde se côtoie, existe aujourd'hui dans nos sociétés occidentales ?
Rome à la fois si brillante, et si cruelle. Le Colisée où tant d'hommes et d'animaux ont perdu leur vie, juste pour l'amusement du peuple, ne remporte d'ailleurs pas l'enthousiasme des enfants, mais pour des raisons différentes.
-"Mais pourquoi il est autant cassé ?
- Mais non il n'est pas cassé, au contraire c'est ce qu'il en reste presque 2000 ans plus tard."
Plongée dans le livre "Rome Autrefois et Maintenant" avec des maquettes 3D de comparaison pour les monuments principaux.
- "Mais regarde avant comment il était le Colisée, pourquoi ils ont tout cassé ?
- Ah oui (effectivement, il était beaucoup plus beau...), mais il n'a pas été cassé volontairement par les hommes, c'est le temps qui passe qui fait qu'il s'est abîmé."
Silence de toujours pas convaincu.
- "Tu sais tous les buildings qu'on construit aujourd'hui, il n'en restera plus rien dans 2000 ans."
- Ah bon pourquoi ?
- Parce qu'on utilise aujourd'hui des matériaux qui ne résisteront pas au temps."
Eh bien finalement ce sont nos fistons qui ont raison. Certes il y a eu 3 tremblements de terre au 9ème et au 13ème siècles qui ont abîmé l'édifice, mais ce sont les hommes qui l'ont surtout détruit. Ils s'en sont servis comme carrière de pierre pour contruire les palais vénitiens et avoisinants, à partir du 12ème siècle. Ce n'est qu'à partir du 18ème siècle, lorsque le pape Benoît XIV décida de consacrer l'édifice en souvenir des martyrs chrétiens qui étaient supposés y être morts (l'histoire a prouvé que les tortures s'étaient en fait passées à d'autres endroits) qu'on arrêta de détruire le Colisée.
La Chrétienté me ramène à la basilique Saint Pierre, et à la bien sûr mythique Chapelle Sixtine. De toute notre vie de voyageurs, nous n'avons jamais vu des files d'attente pareilles...Celle pour la Capella Sixtina s'étend au minimum sur 1 km de long, et semble ne pas bouger d'un pouce en quelques minutes. Comme de toute façon nous avons bien exprimé notre voeu de revenir à Rome à la fontaine Trévi, en jetant une pièce par dessus notre épaule et dos à la fontaine comme le veut la tradition, nous sommes sûrs de revenir et de voir la Chapelle Sixtine une autre fois...
Finalement, Néron qui voulait faire accuser les chrétiens du grand incendie de Rome en 64 ap J.C. se retournerait dans sa tombe de païen s'il voyait que Rome vit finalement aujourd'hui en grande partie grâce à la chrétienté : combien de chrétiens en pélerinage émus de toucher le pied nu déjà fortement élimé de la statue de Saint Pierre dans la basilique ?! Combien de chrétiens désireux de rencontrer le Pape dans ses entretiens octroyés le mercredi ? Combien de touristes émerveillés de pouvoir déambuler dans toutes ces églises plus belles les unes que les autres et d'y rencontrer Michel Ange,Le Bernin, Giacomo Della Porta, Le Baccicia...
Rome : quatre jours, c'était vraiment trop court...
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