Vacances scolaires, bienvenue en enfer - 19 mai 2007
L'approche à grands pas des vacances scolaires d'été pose de nouveau la récurrente et fatiguante question : comment caser les enfants quand on travaille ?
Cela me ramène à mes frayeurs des vacances de Pâques.
Première fois que je dois confier les enfants à la collectivité depuis que nous sommes rentrés en France.
Positivons, me dis-je, et profitons de l'occasion pour leur faire faire ce sport qu'on leur sucre quasiment systématiquement à l'école (cela sera l'objet d'un autre article d'ailleurs !).
Premier problème : comment trouver des renseignements sur les stages sportifs quand on travaille à plein temps, que les mairies ne fournissent les prospectus que 2 jours avant les stages en question, et que les sites web des associations ne vous donnent pas les infos primordiales comme les dates des stages, la possibilité d'une garderie avant et après l'activité, etc, et que personne ne répond à vos e-mails.
Je finis tant bien que mal par obtenir des informations par téléphone et envoyer des chèques un peu à l'aveuglette (je devrai finalement tous les refaire, mais au moins c'était un moyen de montrer que je voulais réserver une place pour mes enfants !).
Jeudi matin, premier jour des vacances scolaires dans les écoles privées.
J'amène Baptiste au tennis, que j'avais judicieusement inscrit à 8h30 au tennis à la garderie, pour pouvoir ensuite amener Joachim au ping-pong à 9 heures (l'activité ping pong n'étant,elle, pas accompagnée de garderie, car il est bien évident que quand comme vous travaillez de 9 heures pétantes à 5 heures pile comme la majorité des employés des entreprises privées en France, et que vous habitez à zéro minute de votre travail comme la même majorité, vous avez seulement besoin que votre enfant soit pris en charge de 9 heures à 17 heures).
Personne à 8h30. Or la garderie est censée commencer à 8 heures. Enfin, pas exactement personne mais une petite fille avec sa maman, absolument furieuse. Elle n'a pas la même souplesse que moi dans ses horaires de travail, elle est là depuis 8h15 pour être à 9 heures à Marseille. Elle est d'autant plus furieuse que le lundi précédent, dans le même stage, elle a retrouvé sa fille l'attendant toute seule, hors du club de tennis, à 18 heures, heure à laquelle la garderie était censée se terminer.
Elle appelle l'office municipal des sports de la mairie (qui choisit et subventionne les clubs de sport qui proposent les divers stages sportifs), qui lui dit ne rien y pouvoir...
Le moniteur finit par arriver tranquillement à 8h45, et s'excuse d'être en retard "à cause des bouchons". Quand on habite en PACA, et qu'on s'occupe d'enfants dans son métier, j'estime qu'on doit prévoir ce problème. Est-ce que les professeurs des enfants sont en retard pour cause de bouchons ?! Et pourtant le centre d'Aix est un cauchemar en la matière !
Peu confiante en l'animateur, je conseille à Baptiste de ne pas rester seul, et de rester près de joueurs de tennis, en m'attendant le soir.
Deuxième round : le ping pong. J'arrive au gymnase des Milles, en retard pense-je. 9 heures passées déjà. Impossible d'éviter la horde de gamins en VTT alors que nous nous dirigeons vers la porte de la salle de ping-pong. Peut-être 50 gamins qui se préparent à partir avec... 3 animateurs. Je précise que le gymnase est au coeur d'un village aux rues très étroites, et à des kilomètres d'une forêt VTTTable...Mon Dieu, je vous remercie en ce jour de m'avoir donné des enfants qui apprécient sans plus le VTT.
Porte du ping pong fermée,recherche d'une autre salle éventuelle, déjà 9h10, personne, j'ai dû me tromper, c'est dans un autre village, un autre gymnase ?! Il faut dire que tout ce que précisait la feuille d'inscription était "salle Vincent Garaud". Comme adresse, on fait mieux...
Finalement, un jeune homme replet arrive tranquillement à 9h15, à l'endroit habituel d'entraînement du Joachim. Il ne s'excuse même pas.
J'arrive péniblement au travail à 9h50...et suis censée repartir à 16h30 au plus tard, et sans même de marge en cas de bouchons, pour récupérer les 2 fistons.
Semaine suivante de "vacances".
Mercredi soir : Emmanuel récupère Joachim au ping pong à 5 heures. L'animateur lui annonce, la bouche en coeur, qu'il n'y a pas ping-pong le lendemain, de 9 h à 14 heures, parce qu'il a un rendez-vous qu'il ne peut absolument pas rater. Et nous, pense-t-il que nous ne pouvons pas rater notre rendez-vous avec notre travail ?? Ce qui me révolte, c'est que je l'avais entendu dire à un parent la semaine d'avant qu'il ne pourrait pas être là, mais qu'il y aurait un autre animateur pour le remplacer. Je téléphone dare dare au club d'équitation où Baptiste passe la journée le lendemain pour voir s'il resterait une place pour Joachim. Impossible, ils sont déjà surchargés (au passage le matin, ce même club d'équitation où Baptiste était déjà, se retrouvait avec un groupe de 20 gamins sans moniteur).
Finalement, encore une fois grâce à la souplesse de mon chef, j'ai pu amener Joachim avec moi au travail, et faire le trajet lors de la pause du midi pour le ramener au ping pong l'après-midi.
Et le pompon la dernière journée des vacances.
Cette fois, Emmanuel dépose Baptiste puis Joachim, et m'appelle une fois arrivé au travail. Baptiste est censé avoir tennis de 9h à 11 heures, puis départ en bus pour l'accrobranche à 11 heures.
"Alors, j'ai déposé Baptiste au tennis. Il n'y avait personne. Tu es sûre qu'il pouvait venir avant l'accrobranche ??"
"Ben oui, l'horaire était 8h30 aujourd'hui aussi...enfin 8h30 plus le temps des bouchons pour le moniteur !"
" Je l'ai déposé à 8h55, il n'y avait personne."
" Et Joachim ?"
"Je l'ai déposé à 9h10, et il n'y avait personne, enfin si, d'autres enfants qui venaient sans doute pour le ping pong aussi."
Et bien me voilà pleinement rassurée : mon grand est peut être tout seul pendant 2 heures, dans un club de tennis au bout d'une impasse, et mon "petit" aura au moins des compagnons avec qui parler jusqu'à 17 heures en attendant que je revienne le chercher.
J'appelle le club de tennis, répondeur. Glurps. J'appelle l'office municipal des sports, où on me passe le directeur (j'avais la voix un peu stressée...), qui me dit qu'il ne peut rien faire.
Coup de fil sur le portable du prof de Joachim, répondeur. Message de Maman stressée, genre "Euh, si vous voyez mon fils vivant aujourd'hui, ça serait sympa de me rappeler pour me rassurer". Jamais eu de réponse bien sûr.
Re-coup de fil au club de tennis. Miracle, quelqu'un !! Et Baptiste est bien là. La personne au bout du fil m'affirme qu'il y avait bien quelqu'un quand Emmanuel a déposé Baptiste, mais que ce quelqu'un était occupé à des tâches administratives là bas tout au fond du couloir, et qu'il ne pouvait pas faire en même temps l'accueil des enfants et le secrétariat. Sachant que la priorité était aux tâches administratives, bien sûr (on est en France quand même !).
Je suis à la fois soulagée de savoir que Baptiste est sain et sauf, et profondément déçue par ce comportement typiquement français. Cette façon de ne jamais faire les choses jusqu'au bout et de s'impliquer au minimum ; ce manque de sens de la communauté, d'entraide et de respect entre gens qui travaillent.
Ce qui m'a encore plus dérangé, c'est quand je me suis vue arriver à 17h10 le dernier jour du stage de ping pong de Joachim. Je me suis certes excusée, mais j'avais l'impression diffuse et malsaine qu'une partie de moi avait voulu ce retard, comme une vengeance.
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