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Premier concours scolaire à 10 ans
Ou comment rentrer dans un collège bilingue en France

Collège Mignet
Flash back sur le lundi 7 mai 2007
Quand j'étudiais d'Australie quelles possibilités nous avions pour les enfants une fois rentrés en France, de continuer l'anglais niveau "lanque maternelle", je n'en trouvais qu'une, quelles que soit les grandes villes du Sud de la France : les collèges avec section internationale.
Il y a 10 ans, l'admission dans ces collèges passait par un test oral et écrit, qui consistait à confirmer simplement que l'enfant maîtrisait effectivement l'anglais.
Aujourd'hui bien souvent le test est devenu un concours : trop de demandes pour une seule classe de 30 élèves en 6ème sur Aix.

Pour conserver voire améliorer le niveau d'anglais des enfants depuis juin 2006, ils ont pris des cours particuliers avec une jeune fille anglophone 2 heures par semaines. Elle les a spécialement préparés à ce qui les attend au test écrit :
- des exercices de grammaire à la tournure très franco-française (du style :I.......(to have)a bath when the bell rang, que tous les prépas HEC sauront compléter sans hésitation par "I was having" bien sûr, le hic c'est que les enfants n'apprennent pas cela à 10 ans à l'école dans les pays anglosaxons !!)
- une compréhension de texte, qui induit que l'enfant connaisse certains "héros" de la culture britannique. Le pauvre Baptiste était terrorisé par cette épreuve, car celle de l'année passée comportait un texte sur Mister Poe, avec une question sur qui était ce Mr Poe, à laquelle il était impossible de répondre, si on lisait simplement l'extrait de textes fourni.
- une rédaction sur des sujets "bateau" comme : "What's the worst thing that ever happened to you so far ?"
Avec introduction, développement et conclusion. Tout cela pour un enfant de 10 ans, je vous le rappelle ; je n'avais jamais fait de rédaction de ma vie quand j'étais en CM2, et je n'avais jamais entendu parlé d'introduction de de conclusion...Ceci dit, comme la rédaction est abordée très tôt dans les pays anglosaxons (je l'avais déjà abordée en Australie avec des éléves de CE2), cette partie du test me paraît finalement la plus adaptée à son public.

Me voilà donc ce lundi matin accompagnant mon Baptistou pour le premier concours de sa vie. Deux jours que je stresse déjà pour lui, et ce matin là je n'en mène pas large, mais ne lui montre rien évidemment.

Pour commencer, les dernières semaines frénétiques (nous revenons juste de vacances à Rome où nous avons fait marché les enfants des kilomètres dans la ville éternelle !) ont empêché Baptiste de se réveiller naturellement ce matin, il s'extirpe du lit avec bien du mal un quart d'heure avant que nous prenions le bus pour le collège. Heureusement nous avons du temps de marche et d'attente avant 9 heures, ce qui lui permet d'avoir un petit déjeuner consistant en ville.

Pendant que nous marchons vers le collège, toute la mémoire de mes concours et examens scolaires me revient, et je me demande comment mon fiston de 10 ans va pouvoir gèrer son temps pendant l'écrit, d'autant plus qu'il n'a pas de montre...Et qu'il n'a jamais été habitué à gèrer son temps pendant une épreuve scolaire. De plus l'épreuve est annoncée pour une heure, or l'année dernière je suis sûre qu'elle était plus longue...Et Baptiste a travaillé sur la version plus longue. Qu'est ce que cela signifie ? Les mêmes épreuves mais plus courtes ? Ou ont-ils relooké complètement l'épreuve pour raccourcir l'écrit, tellement il y a de candidats à faire passer à l'oral après ?? Je m'en veux de ne pas avoir prévu les dernières leçons d'anglais des enfants avec une prof spécialisée pour la préparation des tests du collège Mignet (aux tarifs de précepteurs de la cour de Louis XIV, ceci explique aussi cela !!!).
Je me reproche d'envoyer mon enfant dans une épreuve dont nous n'avons finalement pas assez bien défini le cadre et la structure. Et si finalement il était complètement déboussolé par ce concours, s'il le ratait et qu'il restait avec une peur de l'échec jusqu'au bac, est-ce que tout cela en vaut vraiment la peine ??

Chemin faisant, nous arrivons cependant au collège Mignet, où les augustes fesses des élèves Paul Cézanne et Emile Zola ont donc siégé quelques paquets d'années en arrière...
L'organisation des épreuves est bien évidemment à la française, nous apprenons que finalement l'épreuve est d'une heure et demie, et que les oraux se dérouleront aujourd'hui...mais aussi le surlendemain, mercredi matin pour ceux qui ne passent pas ce jour...alors que la convocation annonçait la suite des oraux le mardi 8 mai au matin, jour férié et donc fort pratique pour les parents travailleurs !
L'examinatrice invite les parents qui viennent de loin à réserver leur oral ce jour. Pendant qu'une ruée s'effectue en sa direction (j'entends les commentaires de ma voisine "French way, it's disgusting"), je tergiverse et interroge mon ange anglosaxon et mon petit diable latin.

Ange gardien australien : “Tu ne vas pas le faire à la française et te rajouter à la file d'attente des personnes, dont certaines viennent vraiment de loin ! “
Diable latin : “Oui mais pourquoi certains grugeraient et pas moi ? Je n'ai pas envie d'être le dindon de la farce !”
Diable latin plus pernicieux :(jouant sur la corde faussement sentimentale) “Et Baptiste, tu vas le refaire stresser un jour de plus, et lui sucrer son tennis, sa musique, ainsi que les activités de son frère au passage le mercredi matin (frère qu'il faudra amener aussi à l'oral ou laisser seul à la maison) ?”

Le temps que mes consciences débattent, la file d'attente a disparu ; de plus un sursaut de mémoire bienvenu me souffle que je suis en télétravail le mercredi (véridique), et que la meilleure manière de préparer ma prochaine communication pour le boulot n'est peut être pas dans les couloirs du collège Mignet...Donc je me réconcilie avec moi-même en réservant un entretien pour Baptiste cet après-midi, alors qu'il reste même encore de nombreuses places après lui. Mes 2 consciences se sont réconciliées, mais un coup d'oeil vers la dame qui avait chuchoté “How disgusting !” me remet malgré moi un petit poids de culpabilité sur les épaules...

Nous abandonnons nos enfants pendant 1 heure et demie, et en quelques instants me voilà replongée dans le monde anglosaxon, les habitudes et la culture anglosaxonne...avec grand plaisir à vrai dire. D'abord point d'individualisme ou de tribalisme (bien que certaines personnes se connaissent), et nous nous retrouvons tous ensemble attablés au salon de thé le plus proche de l'école. J'avais déjà un peu oublié la capacité des anglosaxons à chater aussi facilement entre inconnus. En une heure, j'ai le temps de bavarder avec mon voisin artiste californien qui travaille pour l'Etat français depuis 6 ans déjà, un autre Canadien qui est notre quasi voisin à Luynes, d'autres mamans britanniques qui connaissent déjà le collège parce qu'elles y ont leurs enfants. Nous parlons évidemment des différences de systèmes scolaires entre le système français “so strict” et le système anglo-saxon qui privilègie le développement de l'enfant et de son autonomie. Il me semble être la seule originaire de France, j'ai l'impression d'être un agent double infiltré dans un groupe d'expats anglosaxons...agent double très mal dissimulé cependant, étant donné mon fort accent français dont je ne me suis jamais débarrassée !!

La sympathique réunion se termine par un mot de la présidente de l'association des classes bilingues à Mignet qui nous conjure de bien la tenir au courant en cas d'échec de nos enfants aux tests. Le but est de monter un groupe de pression pour agir au niveau politique afin d'encourager la création d'une autre classe bilingue à Mignet.
Je reconnais bien là encore l'esprit anglosaxon : penser à l'intérêt de la communauté avant tout et faire avancer les choses par le moyen le plus adéquat à un moment T.

Je récupère un Baptiste très sûr de lui après l'écrit. Il a eu le temps de tout faire, me dit-il tout fier. Il m'explique même qu'il s'est gardé la dernière demi-heure pour faire la compréhension, l'épreuve qu'il redoutait le plus.
Je suis heureuse pour lui, et je suis sidérée de découvrir que mon fils de 10 ans est déjà capable de gèrer son temps pendant une épreuve scolaire. Où a-t-il appris cela ? Sans doute un des bienfaits de l'autonomie et l'indépendance insufflée pendant ses 4 années de scolarité australienne... Article Manager module by by George! Software.

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Section internationale Mignet
Envoyé le: 2008-03-21 11:25:46   Par: Anonymous
 
Bonjour,

J'ai lu avec intérêt votre article car je serai mutée sur Aix dans un an et je souhaite mettre ma fille en section internationale. Mais votre article m'a stressée ! Apparemment le collège demande un super niveau en anglais? Ce n'est pas comme au C.I.V. de Valbonne où les débutants (ayant qd même un bon niveau en scolarité française) peuvent réussir à intégrer...
Pouvez-vous me dire quelle est la philosophie de l'examen d'entrée? Merci pour votre réponse!
Sophie.
sophie.haumesser@gmail.com

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