Avant d'attaquer d'autres articles sur la rentrée scolaire et l'école française en général (et il y a vraiment de la matière !), un petit flash back sur les vacances.
Oui j'avoue ma plus grosse peur pendant ces vacances, c'était la pluie.
Le crachin, les cordes, les grosses averses, les crachouillis, les 3 gouttes du matin, chagrin ou les déluges apocalyptiques...il paraît qu'il y a plus de 20 mots en breton pour désigner la pluie. Normal : sinon comment varier vos discussions avec vos voisines Mmes Le Goff, Le Bihan et Troadec au bout de 15 jours de pluie sans discontinuer ?
Notre semaine de cyclotourisme le long du Blavet, puis sur le canal de Nantes à Brest, me rendait assez fébrile : comment monter une tente sous la pluie ? Et si au contraire il pleut le matin au réveil ? Et s'il se met à pleuvoir à verse pendant une étape ?
Notre dernière expérience de pluie en camping remonte à Tamworth, bien au Nord de Sydney, quand nous avons pris une queue de cyclone en pleine nuit. J'entendais les trombes d'eau s'abattre sur nos 2 tentes et sur notre bache qui avait servi pour nous protéger des 40 degrés dans la journée. Je pensais "Pour l'instant, ça tient, pourvu que cela tienne jusqu'au petit jour...". Si les tentes se déchiraient, nous n'avions plus qu'à jeter quelques affaires à sauvegarder dans le 4x4 et attendre dedans que la pluie cesse, perspective peu réjouissante.
Nous avons tenu jusqu'au petit jour. Emmanuel et moi avions regroupé nos lits de camp au milieu de notre tente pour s'éloigner des bords complètement trempés qui suaient à grosses gouttes depuis quelques heures. .
Je me disais que les enfants devaient déjà avoir le côté et le pied de leur sac de couchage complètement trempé depuis un bon moment, mais je n'osais pas aller les voir car je savais que parcourir ne serait ce que les 30 cms jusqu'à leur tente me tremperait jusqu'à la culotte, et qu'ouvrir leur habitacle permettrait à la pluie de s'y engouffrer encore plus.
Nous fûmes trés étonnés d'entendre les enfants rigoler et jouer avec leurs doudous vers 5h30 du matin. Ils avaient bien dormi la nuit malgré le vacarme de la pluie, et ne ressentaient pas encore l'humidité de leur couchage.
Nous avions finalement fui le camping une heure plus tard et étions revenus en fin de matinée alors qu'il ne pleuvait plus.
Tout compte fait, la Bretagne fut extrêmement accueillante avec nous cet été (je sais tout le monde est étonné quand je dis que nous sommes allés dans le Finistère, le Morbihan et les Côtes d'Armor, et que nous n'avons eu que 2 jours -sur 10- de pluie au total lors de cet été climatiquement pourri pour le Nord de la France !).
Nous nous sommes juste pris une saucée mémorable un après-midi en vélo, qui nous a incité à nous ruer dans le premier endroit chaud du centre ville de Pontivy : un pub ! Quand j'ai vu son enseigne, j'ai béni le ciel de ne pas être en Australie, où les enfants n'ont pas le droit d'entrer dans les pubs. J'étais quand même en train d'hésiter sous la pluie, et une partie de notre troupe cyclotouriste refusait catégoriquement d'entrer dans un endroit enfumé et sans doute peuplé d'alcolos l'après midi. Mais quand j'ai vu Joachim qui commençait à pleurer de froid, alors qu'il n'est pas du genre à se plaindre dans les gros moments de galère, mon sang de mère n'a fait qu'un tour, et j'ai entraîné Baptiste et Joachim dans le pub, pendant qu'Emmanuel allait se renseigner sur les tarifs de l'hôtel 3 étoiles (glurps) situé en face dans la rue.
La présupposée antre du diable était...déserte, si ce n'est son propriétaire qui osa m'annoncer qu'il n'avait pas de chocolats chauds. Et rien d'autre en boissons chaudes...Puis devant ma mine dépitée et nos allure de schtroumpfs mouillés sur le point de se liquifier sur le tapis, il se ravisa, nous demanda de tenir le pub pendant qu'il allait chercher du chocolat en poudre en face.
Au lieu d'accueillir les éventuels clients, nous nous précipitâmes dans les toilettes pour nous changer de fond en comble. Les enfants avaient retrouvé le sourire. Emmanuel arriva, il avait eu lui aussi la consigne de tenir le bar (!!). Il n'y avait même plus de place dans l'hôtel hyper cher d'en face !! Tant mieux pour notre bourse...De toute façon nous avions maintenant des heures devant nous, bien au chaud devant notre chocolat fumant. La vie était belle de nouveau...
Le reste de la troupe vélocipède ne tarda pas à nous rejoindre, et Florence avec sa voiture suiveuse fit des merveilles en nous dégotant comme logement l'auberge de jeunesse du coin, le long du canal s'il vous plaît, et à quelques minutes du pub. Luxe et prix corrects garantis !!
Notre autre journée pluvieuse fut fort agréable. Nous avons effectué notre pélerinage sur la plage des Blancs Sablons, définitivement la plus belle du Finistère. Le fort crachin d'avant la tempête annoncée depuis la veille n'a en rien gêné les enfants, qui se sont mis à ramasser des tellines en creusant à la main, avec assez de succès d'ailleurs ! Ils ont fini bien mouillés et ensablés, mais la crêperie qui suivit fut d'autant plus appréciée ! Fin de notre périple finistérien au Conquet, le port d'embarcation pour Ouessant, Le Conquet toujours aussi magique et authentique, même sous la pluie.
Je n'eus qu'un seul regret : que nous ne soyons pas restés plus longtemps...
Finalement, en France, mon âme est en Bretagne. Eh oui...11 ans de vie à Brest, sur ces terres rudes, délaissées par le reste de la France, mais authentiques et magnifiques, ça n'est pas rien !
Et si nous sommes tellement attachés à la Bretagne, c'est parce qu'une partie de notre coeur reste là-bas : parmi nos amis les plus chers, certains y habitent toujours, fidèles à aux-mêmes et à leur terre, et je les comprends !
Et maintenant, plus que jamais, je suis vraiment fière d'avoir donné naissance à 2 petits brestois.
 |