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Nos rugbymen à l'image de la France
Samedi dernier notre emploi du temps était surchargé pour cause de rugby. Ca n'est pas que nous soyons de grands fans, ni des pratiquants, mais quand nos 2 pays arrivent en quart de finale, nous nous devons de regarder leurs matchs.
Pour être tout à fait francs, nous encensions à l'avance les wallabies dont nous ne doutions pas de la victoire, d'autant plus qu'avec une température frisant les 30 degrés en octobre, les Ozies se trouvaient comme à la maison, alors que les Gallois déshydratés devaient déjà commencer à confondre la pelouse du stade avec les palmiers d'un oasis.
Et nous riions jaune en nous demandant à quelle vitesse les Tout Noirs allaient satelliser les Grenouilles Vertes.
Et voilà que nos compatriotes des antipodes perdent leur match, même pas avec panache. Zut alors. Triste réédition de 2003, où dans un pub de Sydney sur écran géant, nous avions assisté à la défaite chez eux des wallabies. L'occasion pour nous à l'époque de constater le fair play et le civisme des supporters australiens. Les quelques britanniques dans la salle qui avaient osé laisser éclater leur joie avaient échappé au lynchage !! Nous avions aussi été très étonnés à l'époque de la vente de bières en bouteilles de verre. Leurs cadavres se retrouvaient par terre sur le côté des routes, même pas éclatées, presque comme si on les avait délicatement déposées par terre après consommation !
Retour à ce samedi 6 octobre 2007 qui commence mal. Baptiste et Joachim sont déçus de ne pas avoir l'occasion de chanter une nouvelle fois "l'Australian Fair" en choeur avec l'équipe de downunder.
Et maintenant, après leurs minables matchs de sélection, voilà que les Français continuent dans la même lignée et se laissent mener par les Néo-Zélandais.
Betsen mis chaos au bout de quelques minutes à peine, puis impossibilité de franchir le mur des mastodontes maoris et comparses, qui marquent tranquillement quelques essais...jusqu'à 13 points à zéro.
Et subitement, un essai marqué par les Français juste avant la mi-temps.
Le déclic venu de je ne sais où.
Ou plutôt si, le sursaut du désespoir, tellement français, et souvent observé en sport. Qui aurait ainsi parié un pélot sur la victoire des footballeurs français à la coupe du monde 1998, franchement, qui ??!!
Voilà nos dieux du stade qui nous offrent une deuxième mi-temps fabuleuse, et d'un suspense incroyable, captivant, même pour moi qui ne suis pas une fan du ballon ovale ! Enfin ils marquent, jusqu'à dépasser les NéoZélandais de 2 fragiles points, 20 à 18. Laporte sort ses cartouches au compte goutte, Michalak, Dominici et Chabal en dernier, quelques minutes avant la fin du match. Sans doute pour les économiser pour la demi-finale. Superbe essai de Michalak en collaboration avec Jauzion ; le Toulousain forçait déjà l'admiration de mes collègues de travail australiens en 2003 (pour une fois que la représentation de la France à l'étranger ne s'arrêtait plus à la baguette et la Tour Eiffel !!).
Les bleus manifestent une maîtrise incroyable d'eux-mêmes pendant ces dernières 10 minutes où ils doivent en même temps empêcher les kiwis de marquer et surtout ne pas commettre de faute qui entraînerait très probablement un pénalty fatal.
Voilà comment nous sommes les français. Nous nous reposons sur nos lauriers, nous sousestimons les premiers obstacles que nous rencontrons, jusqu'à nous retrouver dans une mouise profonde, et lorsque nous sommes au fonds du trou noir, nous en ressortons sous l'ébahissement général des autres habitants de la galaxie qui nous avaient déjà enterrés depuis des années lumière.
Je reste songeuse après la fin de cette belle partie. Pour réagir, il faut donc que nous soyons au pied du mur, mais encore faut-il vouloir voir le mur.
Economiquement et socialement, la France a-t-elle vraiment pris la mesure du marasme dans lequel elle se trouve actuellement ?
Se rend-elle compte qu'il n'y a pas 36 façons de passer un mur : soit le contourner, mais nous n'avons plus le temps pour cela, soit le grimper ? Et pour le grimper, il faut des appuis solides, suffisamment nombreux et justes pour que tous puissent monter en même temps. En bref, de bonnes vraies réformes structurelles, pas des mesurettes. Le 18 octobre sera décisif : les retraités (ou futurs) retraités de la SNCF fulminent parce qu'on ne leur permet plus de passer par leur petite porte secrète tout en bas du mur. Continuera-t-on à leur accorder leur laisser-passer ou osera-t-on enfin loger tous les grimpeurs à la même enseigne ??
PS : pardonnez mon manque de précision dans le vocabulaire rugbistique, je viens juste de découvrir que les points peuvent être marqués par un essai,ou une transformation, ou un drop, ou un pénalty et j'en oublie sans doute ??
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