En vrac
Sydney, vendredi 6 avril 2008
Déjà plus d'une semaine que nous sommes arrivés à Sydney et le temps file si vite...
Nous avons retrouvé avec un plaisir incommensurable la végétation subtropicale, les bruits des lorriquets, les rires des kookaburras, les banlieues si verdoyantes et bien tenues, les plages si belles, la baie de l'opéra aperçue seulement furtivement pour le moment.
Le premier jour de décalage horaire a été atroce, à traîner comme des zombies sans arriver à se motiver pour une activité. Pour une fois, les enfants ont dormi dans la journée, Baptiste 4 heures et Joachim 2. Solution définitivement adoptée pour les fois suivantes, Joachim s'est incroyablement bien recalé. Il s'est réveillé à 7h30 du mat le premier jour, du jamais vu ! Par contre Baptiste a explosé les compteurs de sommeil en journée, et du coup s'est réveillé à 3h30 du mat. Il a été adorable, a joué un peu sur l'ordi, puis s'est recouché et a attendu patiemment de se rendormir..à seulement 8 heures du mat'où il a rejoint les bras de Morphée pendant 2 heures.
Malgré tout pendant cette première journée, j'ai quand même réussi à conduire la voiture automatique sur une dizaine de kilomètres, du centre ville à notre premier point de chute à Forestville. Cela n'était pas gagné d'avance, car tous les boutons de la boîte de vitesse ne me parlaient plus du tout : mais bon sang que signifiaient donc tous ces D, L et N ?? Curieuse cette impression de devoir réapprendre : se réhabituer aux trois voies pas si larges, ne pas mordre trop à droite, se souvenir que la voie de gauche devient parking autorisé par endroits. Constatation encourageante que plus on habitue son esprit au changement, et plus la réadaptation s'avère rapide. Les enfants restent malgré tout chargés de surveiller que je roule bien à gauche, surtout sur la fin du trajet quand je peux me retrouver seule sur une petite route, situation la plus traître.
Il me faut de longues heures ce mardi pour dépatouiller la mise en place des moyens de communication en Australie même, ainsi que ceux avec la France, et aussi gérer de la paperasserie (arghhh notre point faible, pourquoi ne nous étions nous pas débarassés d'un maximum au moment de partir en 2002 ?). L'abattement lié au décalage horaire me rend cette jonglerie logistique pesante, à la limite des épreuves subies par les participants à Koh Lanta.
Au moins ne pas me reposer cette première journée me permet de dormir comme un loir jusqu'à 6 heures du mat'le lendemain, parfait !
Je me réveillerai curieusement à 3 heures du mat quelques jours après notre arrivée alors que je me croyais définitivement recalée...
Revoir les amis, quel plaisir ! Découvrir comment chacun a évolué, la nouvelle p'tite routine de chacun, 18 mois c'est déjà long finalement. Les enfants des uns et des autres ont changé d'activités, la grande affaire de l'année est le choix de la High school pour l'année prochaine, les dés sont quasiment jetés déja.
Je ne regrette pas d'avoir été en France pour les premières années de collège des enfants. Choisir la bonne High School en Australie, dans un système qu'on ne connaît pas, me paraît un vrai casse-tête.
Baptiste et Joachim m'ont donné l'impression de fleurs qui s'épanouissent littéralement au soleil depuis notre arrivée. Je suis étonnée de leur bonheur de retrouver les plages australiennes, je ne pensais pas que ça leur manquait à ce point. L'espace et les vagues les enthousiasment au plus haut point, même si l'eau ne paraît plus si chaude que cela.
Ce matin, le journal Manly Daily titre sur la mort d'un bébé grand requin blanc, remarqué dans la baie hier pour la première fois sur la plage à côté des amis chez qui je loge actuellement. Comme d'habitude dans ces cas-là, le pragmatisme et le respect pour la nature des Australiens ont été remarquables, mais insuffisants malgré tout pour sauver le bébé de cette espèce en voie de disparition. Totalement désorienté, le squale s'est fracassé mortellement sur les rochers de la plage de Queenscliff.
Les enfants ont retrouvé leur école australienne, ils ont été accueillis dans des classes mixtes Year 5/6 et sont revenus enchantés dès le premier jour. Ils ne parlaient que du jeu 'Gold Rush'. Ce jeu grandeur nature est organisé dans toute l'école et chacun doit se débrouiller pour acheter sa concession, trouver de l'or, se loger (tente ou cottage de luxe !), etc. Résultat, Baptiste ne veut plus rentrer en France, où l'école semble trop 'boring'(ennuyeuse). Joachim qui persiste à penser qu'il est plus entouré d'amis en France, ne va pas tarder cependant à prendre le même chemin que son frère, car il était très excité hier de m'annoncer qu'il s'était lié d'amitié avec de nouveaux copains ! Cela le change effectivement de son école privée aixoise plutot fermée d'esprit, où il lui avait fallu des mois pour se lier d'amitié avec plusieurs de ses condisciples.
D'ailleurs sa maîtresse australienne actuelle m'annonçait hier que c'était comme si Joachim n'était jamais parti et qu'il se montrait 'very excited', ce qui ne colle pas franchement à sa nature de petit bonhomme généralement timide et discret.
Des petits moins à ce jour :
Le coût de la vie a bien augmenté...On 'convertit' donc toujours de dollars autraliens en euros. Ce qui vaut 30 euros en France se vend à 30 dollars ici. En 2006, je me payais à manger pour 4-5 dollars en ville le midi, c'est passé à 8-9. Le coût de l'essence a explosé ici aussi. Celle sans plomb est à 1,38 dollars le litre maintenant. Je me souviens d'avoir été choquée de la payer à 1,10 AUD dans le désert en 2002 !
La circulation automobile s'est encore intensifiée...
Les distances sont conséquentes d'un endroit à l'autre, sans m'en rendre compte je me suis déjà habituée à la petitesse d'Aix, et ici je me surprends à rouler facilement pendant 15-20 minutes pour aller voir une copine, rejoindre une plage ou une piscine...
Les loyers ont augmenté, et d'autre part les copains qui ont acheté une maison, et contracté un emprunt à taux variable, râlent contre son augmentation récurrente.
Ce week-end grand barbecue de retrouvailles prévu...puisqu'Emmanuel sera arrivé aussi. Au même endroit où nous avions organisé celui de départ...Nostalgie, nostalgie ! Clontarf, symbole de la symbiose de l'Australien avec la nature : un grand parc, avec barbecues et toilettes, des jeux pour enfants, en bord de plage, avec un bassin protégé pour la baignade (contre les requins, il paraît qu'ils aiment bien les eaux calmes du Middle Harbour !...ceci dit tout le monde se baigne aussi en dehors du bassin, sans qu'il n'y ait jamais eu le moindre problème à ma connaissance ), une vue sur les voiliers amarrés à la marina d'en face, et aussi sur les belles maisons de bord de mer...
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